Nicolas Pollet : retour sur la mise en place d’une structure « drones » intégrée

Le 19/10/2017 Par l'équipe de l'UDI
Lors du dernier Lab’oratoire organisé par l’UDI qui s’est tenu sur le thème « Innovation, quels défis pour les managers ? » le 26 novembre dernier, Nicolas Pollet est revenu sur les conditions de création de l’équipe drones, son mode de management actuel dans un écosystème ouvert (travail avec des prestataires externes) et avec un modèle économique qui se réinvente à partir des besoins internes et autour de l’utilisation de la data.

La genèse et les différentes étapes du projet
L’équipe a commencé le projet sur l’usage, et aucun drone n’a volé avant 18 mois ! Après 18 mois, ils avaient une vision claire de ce qu’il pouvait apporter ce qui a permis d’avancer. Comme il n’y avait rien sur le marché qui correspondait à leur besoin ils se sont lancés.
Le travail s’est fait en total autonomie, sans aucune hiérarchie, avec uniquement l’appui d’un « sponsor » que l’équipe voyait tous les 3 mois afin de faire un point apport/coût, dans le but de faire une innovation qui rapporte en quantifiant les gains.
Il y a eu plusieurs étapes dans le projet, après l’expérimentation, les démonstrations, notamment en environnement industriel, l’équipe a fait un REX pour avoir la définition de la solution qui répond aux besoins. Il a fallu 12-18 mois pour déployer la solution adaptée. En moins de 3 ans, c’est devenu une activité lancée et qui se développe avec un chiffre d’affaires. L’équipe est passé de 4 à 16 personnes dont 5 militaires, des spécialistes de la data et 3 cheminots.

Travailler avec des partenaires
Tous les éléments étaient réunis pour développer nos idées, y compris sur la façon dont l’équipe échangeait avec un environnement extérieur. Ils ont dû trouver des entreprises (de grands groupes, des organismes de recherche ou des start-up) avec qui travailler en confiance et sur la durée. Trois ans après, l’équipe drones est encore en contact avec une quinzaine de start-up avec qui ils avaient commencé la réflexion, ce qui leur a d’ailleurs permis de s’institutionnaliser. Le modèle c’est de développer ensemble des produits avec une exclusivité d’exploitation sur les réseaux linéaires en Europe, c’est la définition d’un modèle gagnant-gagnant. Ce même modèle est appliqué aussi en interne avec le groupe comme avec VSCT, pour la gestion de la data notamment.

Un nouveau modèle économique, la data.
Les drones, dans un premiers temps servent à prendre une photo vue du ciel pour de la récolte de la donnée. Mais l’équipe voit plus loin dans le but de disposer de données enrichies et intégrées dans la base de données. Exemple : de la visite de toiture des trains, au départ des photos brutes, puis intégration du relevé d’avarie et des points de progression dans une base de donnée, la 2ème étape est donc la création d’une base de données enrichie par type de rames (les avaries sont corrélées au type de rames) ce qui permet de faire évoluer dans les remplacements de rames certaines exigences (utilisation de types de toitures présentant moins de fragilité). C’est le nouveau modèle économique de la data.


Retrouvez quelques articles qui reviennent sur l’utilisation des drones

http://www.challenges.fr/transports-et-defense/20150909.CHA9190/comment-la-sncf-devient-le-champion-francais-des-drones.html
« Pourquoi cette stratégie drones ambitieuse ? Le groupe est déjà un gros utilisateur de drones civils. SNCF Réseau organise des inspections des parois rocheuses pour identifier les risques d’éboulement. Une trentaine d’ouvrages seront expertisés d’ici à la fin 2015. Les drones servent aussi à localiser les arbres dangereux, dont la croissance pourrait menacer les trains : 200 km entre Dijon et Lyon seront ainsi survolés avant la fin de l’année.
Les drones sont aussi utiles pour l’inspection des toitures et charpentes des gares: ils permettent d’éviter l’intervention  de cordistes et l’installation  d’échafaudage pour les simples vérifications. La Gare de Lyon Part-Dieu a ainsi été expertisée fin août. Lille Flandres suivra en novembre.
L’autre grand sujet de la SNCF, c’est évidemment la sûreté, avec 30.000 km de voies à surveiller. Le drone longue portée du toulousain Delair Tech, le DT26x, a été testé pour des missions de surveillance longue portée. »

http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/a-la-sncf-les-drones-ont-a-l-oeil-les-voies-ferrees-914096.html
« C'est depuis 2012, que la SNCF dispose en interne d'une équipe dédiée aux drones, forte aujourd'hui de quinze salariés. L'entreprise ferroviaire a déjà investi dix millions d’euros sur trois ans.
Près des trois-quarts de ce budget concernent la recherche et le développement répartis en plusieurs projets notamment le partenariat pluriannuel avec l’ONERA (Centre Français de la Recherche et Déveveloppement de l’Aérospatial).
Sa flotte actuelle comprend trois modèles de drones, soit dix appareils en tout du plus petit au plus gros. La SNCF adapte les produits existants sur le marché (drones et capteurs) à ses besoins, les faisant évoluer en association avec les industriels concernés. »

http://www.leparisien.fr/transports/video-sncf-les-rails-sous-l-oeil-de-drones-10-09-2015-5078765.php

http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-146335-linnovation-ouverte-lesprit-start-up-au-coeur-des-entreprises-1189248.php?PIrGMiF8Z6usoMQx.99
« L’innovation ouverte (open innovation en anglais ) est une nouvelle façon de concevoir l’innovation en s’ouvrant aux bonnes idées, en s’associant à d’autres (généralement des start-up) et en créant des passerelles technologiques et commerciales. Autant d’initiatives qui permettent aux entreprises d’accéder à des technologies innovantes et à intégrer de nouvelles compétences… bref, reconnaître qu’on «  on a souvent besoin d'un plus petit que soi », comme l’écrivait Jean de La Fontaine dans sa fable Le lion et le rat. »