"3 questions à...Philippe Silberzahn"

Le 17/10/2017 Par l'équipe de l'UDI
Philippe Silberzahn, professeur, spécialiste de la stratégie, de l’entrepreneuriat et de l’innovation, a participé à l’afterwork du 28 février dernier à l'UDI;

1.     On pense souvent qu’il faut une très bonne idée pour innover, est-ce vrai ?

Non ce n’est pas nécessaire. Certaines personnes peuvent avoir une vision précise de leur idée et vont agir pour tout mettre en œuvre afin d’y arriver, mais beaucoup d’autres personnes ont démarré avec des idées basiques, voire pas d’idées au départ. La clé est de travailler avec d’autres pour avoir une idée ou améliorer une première idée. Par exemple Ikea, qui a été créé en 1943, était à ses débuts une simple épicerie. Il aura fallu 10 ans pour que Ikea ait la grande idée, celle du meuble en kit qui a fait son succès.

La clé est donc simplement de démarrer, interagir, construire et réagir pour faire émerger une idée et l’améliorer constamment !

2.       On pense souvent qu’il faut beaucoup de moyens pour innover, est-ce vrai ?

Ce n’est pas nécessaire non plus !

Cela peut être nécessaire quand cela touche certains domaines d’activité nécessitant d’énormes investissements comme la biotech, mais l’innovation au sens large démarre le plus souvent petit et se développe ensuite.

C’est dans un second temps, lorsque le modèle est clair et qu’il faut passer à une mise à l’échelle que cela peut demander des moyens.

La plupart du temps on démarre justement avec peu de moyens, en définitive, les ressources, plus que l’argent sont nécessaires. Les moyens dont on a vraiment besoin, au début, c’est soi-même (sa passion par exemple), ses connaissances et son réseau de contacts qu’on va solliciter pour nous aider.

On peut prendre l’exemple de Michel & Augustin qui pour développer son activité avait besoin d’un plus grand four, n’ayant pas l’argent pour, ils ont demandé à utiliser celui de la boulangerie du quartier pour accroitre leur production. Il suffit parfois d’emprunter les ressources.

Pour bien innover, il faut surtout faire appel à une batterie de stratégies.

3.       A quoi servent les méthodes d’innovation, comme le design thinking ?

L’innovation ne peut pas être réglée avec des méthodes en particulier. Les nouveaux modèles ne se planifient pas, il n’y a pas de méthode parfaite. Chacune a ses forces dans certains domaines et vous aide sur un plan en particulier. Lean startup permet d’améliorer son offre client. L’effectuation permet d’avancer dans l’incertitude. Le design thinking est aussi très intéressant lorsqu’on fait face à un problème complexe : par son approche « holistique », il amène à inclure les parties prenantes pour prendre en compte tous les aspects du projet, à se centrer sur l'utilisateur pour créer/améliorer un produit/service, à bien identifier les besoins et attentes de ces derniers pour trouver une solution créative, et prototyper vite pour échouer tôt.