Focus de septembre : l'externalisation (partie 1)

Le 19/10/2017 Par l'équipe de l'UDI
Pendant le mois de septembre, focus sur l'externalisation !


Le besoin de se professionnaliser en matière d’externalisation d’étude s’explique pour deux raisons principales :

  • L’accroissement du volume d’études du fait de l’augmentation du volume de projets de rénovation du réseau existant dans le but de réaliser le nécessaire effort de remise à niveau dans les 10 prochaines années
  • L’impact de la réforme de 2015 qui positionne SNCF Réseau en ingénierie intégrée qui doit maîtriser tous les projets puisque la maîtrise d’ouvrage des projets ne sera plus déléguée.


Cette adaptation de l’organisation doit s’accompagner d’une augmentation des compétences en matière d’externalisation d’études dans toutes les phases des projets (Emergence, AVP, PRO, VISA, EXE….) et également d’un changement de posture : il s’agit de passer du « faire » au « faire faire ».


Pour accompagner le changement que représente ce recours à l’externalisation, et faire monter les acteurs projets d’I&P en compétence, l’UDI a développé des formations en collaboration avec le projet IED (commun à I&P et M&T) et le cabinet Horisis. Nous vous proposons aujourd’hui une interview du formateur, Jacques Bichet (secondé sur les formations de perfectionnement par Thierry Penaux). Son expérience en management de projet dans l’industrie gazière apporte un éclairage complémentaire sur le développement de l’externalisation dans le ferroviaire.

Comment s’organise cette formation sur l’externalisation des prestations intellectuelles ?

Cette formation se décompose en deux modules de 2 jours. Le premier module vise à « maîtriser les bonnes pratiques de pilotage des ingénieries externes »  et s’attache aux éléments fondamentaux en phase amont comme la rédaction du cahier des charges, du règlement de consultation et plus largement du contrat de prestation. Nous développons aussi la phase aval (après commande) par la mise en œuvre d’outils nécessaires à la maîtrise de la prestation : maîtrise de la qualité et des délais.

Le second module s’attache à « adopter une posture efficace pour gérer les ingénieries externes » et vise à développer un comportement « gagnant-gagnant » avec les entreprises titulaires des accords cadres mis en place par SNCF Réseau.

A qui s’adressent plus particulièrement ces formations ?

Tous les agents en charge de piloter les projets ou de maîtriser des études (DO, DOP, Chef de Projet, CEP) peuvent tirer profit de cette formation. L’idéal étant de mélanger les profils concernés pour enrichir les échanges en cours de session.

Quelles sont les approches pédagogiques choisies pour ces deux modules ?

Nous avons choisis de privilégier les mises en situation pour illustrer les aspects théoriques présentés. Ainsi dans le module initial, les stagiaires sont régulièrement amenés à réfléchir en équipes sur des situations à traiter et à apporter leur point de vue sur des documents proposés (cahier des charges, Plan d’Assurance Qualité, Compte Rendu de Réunion…)

Pour le module de perfectionnement s’ajoutent des jeux de rôle « clients/prestataires » qui permettent d’adopter la meilleure posture : développer une bonne qualité de relation tout en restant exigeant sur la qualité attendue et le professionnalisme requis de la part du prestataire.

Quelles sont pour vous les points les plus importants à faire progresser pour maîtriser les prestations externalisées ?

Au fil des échanges et des sessions, je détermine trois priorités :

Tout d’abord il faut monter en compétence collectivement sur l’expression du besoin, sur la maîtrise du contrat dans toutes ses composantes et notamment sur le contrôle de la qualité des prestations. Ce dernier point est fondamental et nécessite un travail sur la nature et la fréquence des contrôles qui ne peuvent être déterminées que par les métiers techniques de SNCF Réseau. Il ne faut pas oublier que, in fine, c’est bien SNCF Réseau qui doit maîtriser ses projets, ce qui passe par la maîtrise de la qualité, de la sécurité et du délai des prestations. Cette montée en compétence passe également par la mise en commun d’un maximum de « documents type » dont la production est en cours par le projet IED.

Ensuite, il est nécessaire d’orienter les ressources d’ingénierie de projet sur des activités de pilotage et de contrôle en renforçant notamment l’aspect « management de contrat ». Ce besoin est associé à la nécessaire massification des contrats. Pour que l’augmentation des moyens de pilotage ne charge pas trop le budget du projet, il est indispensable de passer des contrats « multimétier et multiphases », cette stratégie a aussi pour effet de réaliser un véritable transfert de responsabilité de la production sur les prestataires mandatés par SNCF Réseau.

Enfin, et nous en venons à la posture, il est nécessaire d’entamer et d’accompagner efficacement la montée en compétence des prestataires. Cette phase est un véritable changement dans le métier de SNCF Réseau, et doit être accompagnée à tous les niveaux. Le développement des compétences de l’ensemble de la filière ferroviaire est une clé de réussite des projets à venir. Chaque acteur des projets a un rôle à jouer dans ce développement.

Comment percevez-vous l’acceptation de l’externalisation par les participants aux formations ?

Les participants comprennent bien la nécessité d’augmenter l’externalisation du fait des deux raisons exposées au début de cet article. Même si c’est difficile pour certains d’envisager de faire faire ce qu’ils savent eux même produire, il me semble qu’ils sont prêts à assumer ce changement de rôle mais se sentent un peu démunis en matière de méthodologie et sur certaines compétences de pilotage… J’espère que la formation les aide sur ce point !

Par ailleurs, certains ont du mal à accepter le fort accompagnement nécessaire des entreprises qui doivent monter en compétence et assumer elles mêmes la responsabilité de leur production. On peut penser que ce sentiment disparaitra avec l’atteinte du bon niveau de compétence par les entreprises externes.

Ils s’interrogent également sur leur propre responsabilité en tant que aMOA pilotant le projet.  La bonne nouvelle c’est que l’externalisation exporte aussi une bonne part de responsabilité notamment sur les contrats « multi métier et multiphases » même s’il reste la responsabilité de l’ingénierie intégrée qui est « sachante » et se doit de ne pas laisser passer des erreurs grossières.



C’est un véritable changement qui s’opère dans l’entreprise, et il est donc normal que certains éléments se précisent au fur et à mesure. Les retours d’expérience des projets et le travail mené par l’équipe IED sont des outils utiles pour un pilotage de projet efficace et serein.


Pour approfondir le sujet, rencontrer le projet IED et l'équipe de formation, poser vos questions et partager vos expériences, participez au

Petit déjeuner de l'UDI sur l'externalisation
Le mercredi 28 septembre de 9h à 10h30 à l'UDI

Renseignements et inscriptions : alix.dekermadec@udi-sncf.com